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Le risque mis en évidence est lié à l'exposition à une substance polluante présente dans l'eau chlorée de la plupart des réseaux municipaux de distribution des eaux de tout le pays. Cette substance chimique, le trialométhane (TMH), un composé halogéné du méthane, se forme lorsque le chlore réagit avec des acides provenant de matières végétales.
Sous-produits de la chloration et avortements spontanés
Observations sur l'étude
La recherche, qui sera publiée sur le numéro du 18 février de la revue scientifique Epidemiology, a fait remarquer que les femmes qui buvaient cinq verres ou plus par jour d'eau du robinet ayant un contenu d'au moins 75 microgrammes par litre de THM présentaient un risque supérieur d'avortement spontané.
Le pourcentage de risque calculé pour ces femmes s'est élevé à 15,7, alors que celui des femmes moins exposées à la substance est de 9,5 pour cent. Environ 2 pour cent seulement des femmes ont été exposées aux niveaux de risque les plus élevés, c'est-à-dire une consommation de cinq verres ou plus d'eau, avec au moins 75 microgrammes par litre.
Puisque les niveaux de trialométhane sont immédiatement reliés à la quantité de substances polluantes organiques et que les niveaux de nitrates sont déterminés par l'utilisation de fertilisants et par les eaux usées contenant des matières organiques, nous considérons que les niveaux de THM et de nitrates sont directement proportionnels entre eux. .
Si les chercheurs de Californie ont ignoré les niveaux de nitrate
et considéré uniquement ceux du trialométhane, il
faut malheureusement dire qu'ils ont incriminé la mauvaise substance....
Les vétérinaires savent depuis des années que des valeurs élevées de nitrate, qui représentent la composante principale des fertilisants et des eaux sales d'origine humaine, peuvent entraîner un avortement chez les porcins, comme l'affirme Greg Steele, un épidémiologiste du Département de la Santé de l'Indiana. Et les scientifiques se sont aperçus il y a vingt ans que les nouveau-nés peuvent être atteints de la "maladie bleue", qui se produit lorsque des niveaux élevés de nitrate compromettent la capacité de l'hémoglobine à transporter de l'oxygène. En 1977, le cri d'alarme sur ce risque fit décider au gouvernement fédéral de fixer une limite égale à dix milligrammes de nitrites par litre d'eau pour les réseaux urbains de distribution d'eau.
Ces normatives ne concernent pas par contre les puits privés.
Et lorsque les officiels du Conté de Lagrange ont remarqué
que trois femmes qui avaient eu plusieurs avortements spontanés
buvaient toutes les trois de l'eau de puits, et qu'elles vivaient toutes
en aval d'une usine défectueuse de traitement des eaux usées
d'un élevage de porcs, ils ont commencé à suspecter
que le nitrate soit capable de nuire à un fœtus en voie de développement,
comme cela survient chez les nouveau-nés. Bien sûr, lorsque
Steele et ses collaborateurs ont contrôlé les puits des femmes,
ils y ont trouvé des valeurs de nitrates supérieures à
19 mg/l, pour une moyenne de 3,2 mg/l dans les puits voisins appartenant
à des femmes ayant mis au monde des enfants sains sur la même
période de deux ans..
L'EPA a établi pour les nitrates contenus dans l'eau potable
un niveau maximal de substance polluante (MCL - maximum contaminant level)
égal à 10 mg/L (sous forme d'azote). Une quantité
excessive de nitrates peut avoir pour conséquence un transport insuffisant
d'oxygène dans le flux sanguin. Les enfants en dessous de 4 mois
sont dépourvus de l'enzyme nécessaire pour compenser cette
situation. La mortalité due à la méthémoglobinémie
("maladie bleue") est cependant rare et se produit surtout dans les zones
rurales. La maladie et le décès causés par la méthémoglobinémie
ne sont pas toujours diagnostiqués, et son incidence pourrait donc
apparaître inférieure à l'incidence réelle.
Même si au Colorado un cas a été attribué à
du lait en poudre préparé avec de l'eau du robinet qui présentait
une concentration en nitrates de 13,3 mg/l, la plupart des cas concernent
des concentrations beaucoup plus élevées. Dans certaines
zones d'Europe orientale où l'eau des nappes phréatiques
est contaminée à des niveaux de 50-100 mg/L de nitrates,
les femmes enceintes et les enfants de moins de 1 an doivent exclusivement
consommer de l'eau minérale en bouteille.
On a retrouvé une évolution de type saisonnier du dépassement de la limite imposée pour les nitrates présents dans l'eau potable (10 mg/L), en ce qui concerne le réseau de distribution de Des Moines, dans l'Iowa, en considérant la période de 1974 à 1990 inclus. L'eau provient du fleuve Raccoon. Une grande partie des terrains en amont sont cultivés avec du maïs, du soja ou d'autres cultures en rangées et on utilise massivement les fertilisants. Le dépassement des limites est plus fréquent pendant la période qui va d'avril à juillet, c'est-à-dire après que les engrais aient été épandus et lorsqu'il y a un écoulement superficiel plus important des eaux de pluie (données recueillies par Keith Lucey, Mesures Géologiques [U.S. Geological Survey], Iowa City, Iowa).
[note: sur un diagramme à la même page on voit nettement
que pendant les mois de concentration maximale les niveaux dépassent
la limite de 10 mg/l pendant en moyenne 20% des jours]
L'état de la Californie rapporte également que plus de
1000 milles carrés de nappes phréatiques sont contaminés
par des éléments inorganiques présents à l'état
de traces, des anomalies de débit et des nitrates.
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| DL per os (rat): | 908 mg/kg |
| DL cutanée (lapin): | >20 g/kg |
| CL inhalation (rat): | 9937 ppm (47,702 mg/m3; 4 heures) |
| PEL (OSHA): | 50 ppm (240 mg/m3; maximum) |
| TLV-TWA (ACGIH): | 10 ppm (48 mg/m3) |
Extrait
Bien que la toxicité potentielle de certaines substances chimiques présentes dans l'eau potable chlorurée soit désormais reconnue, de rares études seulement ont étudié les conséquences de cette exposition sur les fonctions reproductrices. En utilisant les données d'une étude sur les cas d'avortements spontanés, d'accouchements prématurés et de bas poids de naissance dans la région centrale de la Caroline du Nord, nous avons élaboré une évaluation du risque en fonction de la provenance de l'eau, de la quantité ingérée et des concentrations de trialométhane (THM). La source d'eau potable ne semble pas influencer le devenir de la grossesse, alors qu'au contraire l'augmentation de la quantité d'eau ingérée semble entraîner un risque inférieur des trois éventualités (rapport de probabilité avoisinant 1,5 pour 0 verre par jour, relatifs à 1-3 verres par jour, avec une diminution jusqu'à 0,8 pour 4+ verres par jour). On a pu noter que le devenir de la grossesse ne peut être relié aux concentrations et à la dose de THM (quantité de concentration), exception faite d'une augmentation du risque d'avortement spontané dans le sextile le plus élevé des concentrations de THM (rapport de probabilité corrigé = 2,8, intervalle de confiance 95% = 1,1-2,7), qui ne rentre cependant pas dans une courbe globale de réponse à la dose exprimant un gradient. Ces données n'indiquent pas une corrélation décisive entre les sous-produits de la chloration et le devenir éventuellement péjoratif de la grossesse, mais considérant les limites qualitatives de notre étude sur l'exposition et l'augmentation du risque d'avortement spontané dans le groupe qui présente l'exposition maximale, une analyse plus soignée devient nécessaire.
Mots clés: chloration, bas poids de naissance, accouchement prématuré,
avortement spontané, trialométhane. Environ Health Perspect
103:592-596 (1995)
Des modifications des tests sur les effets cancérigènes et dans l'évaluation du risque sont nécessaires: ce qu'a appris la recherche sur le chloroforme
Mai 1994
Le chloroforme est produit à l'état de traces pendant le processus de chloration de l'eau potable (de l'ordre de 1 à 50 parties par milliard [ppb]). Il est de plus formé comme sous-produit de certains procédés industriels, comme par exemple le blanchiment du papier. Il est donc important de déterminer les risques pour la santé liés à l'exposition continue à des niveaux réduits de cette substance chimique.
En utilisant les données relatives à l'incidence du cancer hépatique chez le rat, extraites de l'étude sur l'alimentation forcée, le modèle de risque pluristades sous forme linéaire, auquel ont fait référence les organismes législatifs pour extrapoler à partir des valeurs d'exposition élevée celles d'exposition plus limitée, indique qu'avec 4 ppb de chloroforme dans l'eau potable on aurait un risque supérieur de cancer de 1 sur 100 000 pour toute la durée de vie. Ce modèle est très conservateur puisqu'il présuppose qu'il subsiste un risque de cancer même avec un apport infinitésimal de chloroforme. En réalité, au cours de l'étude sur l'eau potable, avec une quantité de 1 800 000 ppb de chloroforme, on n'a pas observé d'incidence supérieure du cancer, ni d'augmentation de la prolifération cellulaire. Il apparaît évident que le modèle traditionnel surestime largement le risque, et que pour des substances chimiques comme le chloroforme une approche plus réaliste dans l'évaluation du risque est nécessaire, avec une utilisation supérieure de données scientifiques.
Retournant plus spécifiquement à la question des avortements spontanés, à partir des expériences menées sur l'animal les données semblent démentir que les composés halogénés du méthane ou THM, même à des doses élevées, peuvent entraîner ce phénomène. On a par contre prouvé que d'autres substances polluantes sont impliquées dans ce problème grave, nous voulons parler des nitrates, chez l'animal comme chez l'homme, et à des doses moins de deux fois supérieures aux limites actuellement fixées par la loi.
Les enfants de moins de 4 mois peuvent en effet être victimes d'asphyxie si les niveaux de nitrate présents dans les aliments et dans l'eau potable dépassent une valeur déterminée. Puisque les nitrates traversent sans difficulté la barrière placentaire, il y a des raisons fondées pour considérer que ce facteur puisse aussi contribuer à la mort du fœtus à l'intérieur de l'utérus.
La principale objection à ce type d'études est que la diffusion de tels résultats partiels ou erronés peut entraîner une panique injustifiée et parfois des dommages irréparables. Il n'est pas nécessaire de rappeler le drame qui s'est produit au Pérou à cause du choléra, lorsque les autorités sanitaires suspendirent la chloration de l'eau potable, en partie en vertu des données fournies par l'USEPA, qui établissaient une "corrélation" entre les sous-produits de la chloration, comme le chloroforme, et certains types de cancer.
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Créé: 16 février 1998.
Dernière révision: 30 juin 2002.
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